En attendant le Petit Poucet
de Philippe Dorin / reprise création 2010
mardi 25 octobre 2011 à 19h
Le Grand
Carlos Martins
Carlos Martins
et un petit caillou blanc
© Amath Magnan
mise en scène : Hélène Arnaud
lumières : Léo Grosperrin
musiques : Eric Vinagre
régie plateau, costumes : Claire Simonian
création graphique : Sébastien Sarrazin
La Cie L’ARPENTEUR est soutenue par Archipel Nouvelle Vague (accompagnement à l'administration culturelle).
Ce projet reçoit l'aide à la création de la Ville de Marseille et bénéficie d'une aide à la diffusion du Conseil Général 13 (dispositif Saison 13)
Ce spectacle a été créé du 29 au 31 octobre 2010 au Daki Ling, Jardin des Muses à Marseille et présenté le 17 mars 2011 à la Minoterie-Théâtre de la Joliette
Remerciements à la Minoterie-Théâtre de la Joliette (Marseille) pour son soutien
En attendant le Petit Poucet est publié aux Ed. L'École des Loisirs.
1 idée
- 1 mot
- 1 mot
+ 1 silence
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1 histoire
Dans l’espace vide du théâtre pareil à celui d’une page blanche, deux enfants accompagnés d'un petit caillou blanc partent à la recherche d'un petit coin vu en rêve.
Il s’appelle le Grand, il est seul. Elle s’appelle la Petite, elle est seule aussi.
Il semble qu’ils soient orphelins et viennent d’un pays où c’était que des morts partout.
Alors ils deviennent frère et sœur. Et ensemble, ils s’inventent des histoires…
Et l’histoire s’écrit : ils croisent des grenouilles, ramassent des étoiles, sont chassés d’une ville, font revenir leur mère, et se retrouvent devant la maison d’un écrivain qui cherche... désespérément une histoire !
Sous nos yeux, ils réinventent le monde, au gré de leur imagination et de leur fantaisie et s’interrogent : pourquoi les étoiles disparaissent chaque matin ? Comment faire réapparaître le fantôme de leur mère?… comment donner un sens à leur histoire ?
Le jeu et l’écriture sont au centre de cette création. Avec quelques cailloux, un morceau de bois, une craie et des boulettes de papier, les comédiens écrivent l’histoire sous nos yeux, construisant et déconstruisant l’architecture de la scène. Ici, le théâtre est apparition et disparition, s’inventant sans cesse comme un jeu d’enfant : "on dirait que…". Chaque mot devient une histoire.
Avec ce nouveau spectacle, la Cie L’ARPENTEUR s’amuse à travers la recherche d’un langage plastique et poétique à questionner la théâtralité, tentant toujours d’ouvrir des possibles et inventer les réels.
© Mathieu Bonfils (montage)
L'écriture de Philippe Dorin
Je voudrais que [mes personnages] aient cette façon très triviale qu’ont les enfants de dire tout haut et trop fort des choses qu’on ne doit pas dire, en tout cas pas comme ça ou pas à ce moment là, et qui mettent dans l’embarras, qui laissent sans voix.
Philippe Dorin nous invite à entrer dans univers rempli d’humour, de poésie et d’étrangeté, qui dit l’enfance et son imaginaire, où réel et irréel ne font qu’un, au plus près du partage des enfances sincères (expression de Jean Claude LALLIAS). Il invente une écriture qui se nourrit d’un vrai sens du jeu, une écriture épurée, dépouillée, empreinte de rêve et de fantaisie où les mots sonnent et dissonent et font bondir les pensées, et où le silence résonne.
Et son écriture est éminemment théâtrale parce qu’elle se vit au présent, dans la pensée de la réplique.
Les personnages, le Grand et la Petite , sont toujours dans l’instant où les choses sont dites. Comme les enfants, ils ne préméditent pas leurs réactions. L’histoire s’écrit sous nos yeux.
Il suffit de nommer pour que la chose advienne. Ce qui est dit existe. Et ça marche. Pour que le miracle opère, il ne faut pas être encombré par des formules savantes. Pas d’exercice de style, juste la logique poétique qui échappe à toute autre logique. Et les mots se succèdent et avec eux naissent des situations, des couleurs et des sons, des idées claires et des pensées sombres… La limpidité des phrases ne fait que rendre plus flagrante la profondeur du propos. Le théâtre devient ainsi un espace d’apparition sans aucun trucage ni effets spéciaux.
Biographie en 3 mots
Philippe Dorin écrit des pièces de théâtre pour les enfants depuis 25 ans mais aussi des contes, des romans pour la jeunesse ainsi que des textes radiophoniques mis en ondes sur Radio France.
Il écrit également des histoires qui ne tiennent pas dans les livres, à partir de boulettes de papier et de petits cailloux blancs.
Figure majeure de l’écriture jeune public, Philippe Dorin s’est vu récompensé par le Molière 2008 du théâtre jeune public pour sa pièce L’hiver quatre chiens mordent mes pieds et mes mains mis en scène par Sylviane Fortuny (Cie Pour Ainsi dire)
Ses pièces sont publiées à École des Loisirs, chez Les Solitaires Intempestifs et aux Éditions La Fontaine.
Presse
article de Denis Bonneville paru dans la Marseillaise
VIE ET MORT DES PETITS CAILLOUX
Il y a parfois, sur les plateaux des théâtres de petites magies, toutes simples mais en cela rassérénantes. En attendant le Petit Poucet, que présente Hélène Arnaud ce week-end sous les belles voûtes du Daki Ling, est de cette trempe-là ; le public de la première, hier après-midi, en fut la preuve : une attention d'une qualité rare (surtout s'agissant d'une proposition dite "jeune public") et un sourire tendre qui ne quitte pas les visages une heure durant.
(...) Réunis par Hélène Arnaud au fil des séquences simplement entrecoupées de projections ludiques sur le parcours d'"un petit chariot", les comédiens Alice Huet et Carlos Martins, aussi beaux que bons, ne cessent de traverser le plateau, de jardin à cour, dans un passionnant panoramique. Et transmettent avec drôlerie et sensibilité cette fable qui, si elle parle frontalement du deuil, se révèle au final pleine de vie.
Alice Huet et Carlos Martins, enfants pas niais d'une fable qui parle frontalement, mais avec sensibilité, du deuil et de la mort.



